L'insécurité est devenue une communication pour les politiciens à l'Est de la RDC ( Pamphlet )
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| Le paysage illustratif de la région de Beni au Nord-Kivu. Ph©.PZ |
« La même chanson, le même refrain, la population les observe »
Personnellement, je l’ai toujours dit, le silence des décideurs lorsque l’ADF/MTM-ISCAP ne frappe pas est aussi coupable que l’attaque elle-même. Tant que les armes se taisent provisoirement, certains responsables politiques donnent l’impression que la menace a disparu, comme si l’absence momentanée de massacres signifiait la fin du danger.
Cette posture est dangereuse du fait que, les alertes communautaires sont souvent ignorées, les signaux d’insécurité banalisés, au détriment d’une prévention pourtant indispensable. Or, l’insécurité ne se combat pas dans l’urgence médiatique, mais dans la vigilance permanente.
Lorsque l’ADF/MTM-ISCAP passe à l’acte, le scénario se répète inlassablement. On attend les morts pour agir, on pleure après avoir fermé les yeux. Les déclarations officielles se multiplient, l’indignation devient publique et les appels à l’armée pour « redoubler d’efforts » fusent. Une mobilisation tardive, déclenchée après l’irréparable.
Et pourtant, la sécurité ne se gère pas avec des communiqués post-mortem, mais avec l’anticipation, la responsabilité politique et des actions cohérentes sur le terrain. Les modes opératoires de l’ADF/MTM-ISCAP, ses zones d’infiltration et ses menaces sont connus par les responsables des services des renseignements des opérations militaires en cours. Ne pas agir à temps relève d’un échec collectif. Et aussi, la sécurité c'est l'affaire de tous, chacun doit s'interroger sur ce qu'il fait réellement pour booster le processus de la pacification régionale.
En tous cas, les populations de l’Est de la RDC n’ont pas besoin de compassion des politiques après les drames, mais de mesures concrètes avant qu’ils ne surviennent. Gouverner, c’est protéger les citoyens en amont, et non réagir sous la pression du deuil. À TAARIFA RDC, nous estimons que tant que la lutte contre l’insécurité restera une réaction émotionnelle et politique plutôt qu’un engagement constant et préventif, les mêmes causes continueront de produire les mêmes tragédies.
Tant que la sécurité à l'Est sera traitée comme un sujet de communication et non comme une priorité vitale permanente, on restera dans ce cercle vicieux. On n'attend pas que la maison brûle pour vérifier si on a de l'eau.
Paul Zaïdi


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