Kasindi - Mpondwe : la fraude douanière appauvrit l’État congolais et fragilise l’économie locale
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| Le trafic au poste frontalier de Kasindi. Ph. PZ. |
À la frontière de Kasindi, dans la province du Nord-Kivu, la fraude des marchandises en import-export continue de produire des effets negatifs sur l'économie nationale et locale. Entre contrebande, fausses déclarations et non respect des procédures douanières, ce phénomène prive l’État congolais d’importantes recettes fiscales et compromet les efforts de développement.
Selon plusieurs acteurs de la société civile, la fraude douanière entraîne des pertes massives pour le trésor public, limitant considérablement les capacités d’intervention de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA). Elle favorise également une concurrence déloyale sur le marché, où les commerçants honnêtes peinent à rivaliser avec des produits frauduleux souvent vendus à des prix défiant toute concurrence.
Le Coordonnateur de la Nouvelle Société Civile et expert en gestion financière, Monsieur Denis Kalenga Serge souligne que « la fraude douanière handicape à près de 80 % l’État et l’économie de toute une région ». À l’en croire, l’absence de recettes fiscales affaiblit le trésor public et contribue à la fragilisation du tissu économique. Il ajoute que ce phénomène peut également être à la base de l’inflation, en perturbant les mécanismes de régulation du marché.
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| Dans le carré douanier de Kasindi, les éléments de l'ordre en pleine patrouille diurnes. Ph. PZ. |
Au-delà de l’aspect économique, la fraude expose la population à des risques sécuritaires et sanitaires majeurs. L’entrée incontrôlée de produits prohibés, de marchandises de qualité douteuse, voire d’armes, constitue une menace réelle pour la sécurité publique.
De son côté Madame Zawadi Malongo, commerçante transfrontalière et membre de la plateforme des associations des petits commerçants transfrontaliers (PACT), déplore les conséquences de cette situation sur leurs activités: « Nous qui respectons les règles, nous sommes pénalisés.
Les fraudeurs vendent moins cher et attirent la clientèle, ce qui met en difficulté nos petits commerces ». Elle plaide pour un renforcement des contrôles et un accompagnement accru des petits commerçants transfrontaliers.
Du côté ougandais, un jeune commerçant rencontré à la frontière congolo-ougandaise de Kasindi et qui a préféré l'anonymat a estimé que ; « la fraude douanière diminue progressivement grâce à certaines mesures de contrôle mises en place, même si beaucoup reste à faire ».
Il souligne toutefois que l’amélioration des conditions de travail des agents douaniers et la coopération entre les deux pays pourraient contribuer à réduire davantage ce fléau. Face à cette réalité, plusieurs voix s’élèvent pour appeler le gouvernement congolais et ougandais à renforcer les mécanismes de contrôle et promouvoir une culture de civisme fiscal.
PAUL ZAÏDI


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