Tshopo : six morts à la prison d’Osio, une évasion sanglante révélatrice de l’impunité

Sur la scène du drame. Ph.©.JM.

Une tentative d’évasion a viré au drame à la prison d’Osio, située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Kisangani, dans la province de la Tshopo. Six détenus ont été tués dans la nuit du dimanche au lundi 26 janvier lors de l’intervention des militaires chargés de la sécurité de cet établissement pénitentiaire.

Les faits se sont déroulés entre 1h et 2h du matin, sous une pluie légère. Selon des sources proches de la prison, plusieurs détenus ont creusé un trou dans l’un des murs de l’enceinte avant de se retrouver dans la cour, dans l’espoir de prendre la fuite.

Sur place, certains prisonniers se sont retrouvés face aux militaires commis à la garde de la prison. Ces derniers ont immédiatement ouvert le feu pour empêcher l’évasion, entraînant la mort de six détenus sur le coup, selon la société civile, force vive de la commune de Lubunga.

La même source indique que quatorze prisonniers ont réussi à s’échapper, tandis que dix autres ont été rattrapés puis reconduits dans l’établissement pénitentiaire. Des autorités provinciales et locales se sont rendues sur les lieux afin de s’imprégner de la situation et de comprendre les circonstances exactes de ce drame.

Selon plusieurs acteurs de la société civile, ces tentatives d’évasion répétées sont la conséquence directe de l’impunité persistante, de la faiblesse du système pénitentiaire et du manque de suivi judiciaire. Ils estiment que l’absence de sanctions exemplaires, la vétusté des infrastructures et les conditions de détention déplorables favorisent les évasions et exposent aussi bien les détenus que les forces de sécurité à des drames évitables.

Il convient de rappeler que deux jours avant cet incident, une première tentative d’évasion avait déjà été signalée à la prison d’Osio, sans succès. Avant ces événements, cet établissement carcéral comptait 75 détenus, tous condamnés par la justice.

Une enquête a été ouverte afin d’établir les responsabilités et de déterminer les causes exactes de cette tragédie.

Construite en 1956, soit quatre ans avant l’indépendance de la République démocratique du Congo, la prison d’Osio avait été conçue pour accueillir jusqu’à 1 500 détenus. Cependant, elle n’a jamais bénéficié d’une réhabilitation et se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement très critique, soulevant de sérieuses inquiétudes quant à la sécurité et au respect des droits humains.

Junior Amisi

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