RDC : la Haute Cour militaire rejette la demande de liberté provisoire du général Philémon Yav

Lors du procès à la Haute Cour militaire de la RDC à Kinshasa. Le Général Philémon Yav à la barre assisté par ses avocats. Ph. Mapengo Joys.

La demande de mise en liberté provisoire introduite par les avocats du général Philémon Yav Irung a été rejetée par la Haute Cour militaire de la République démocratique du Congo. La décision est intervenue mardi, à l’issue d’une audience tenue à Kinshasa, quelques instants seulement après l’examen de la requête par la juridiction.

Ancien commandant de la 2ᵉ région militaire basée dans la province du Haut-Katanga, le général Philémon Yav est poursuivi pour des faits lourds, notamment « trahison » et « complicité présumée avec les rebelles du M23 ». Il est détenu depuis plus de trois ans dans le cadre de cette affaire, qui s’inscrit dans le contexte des poursuites engagées contre des officiers soupçonnés de collusion avec des groupes armés opérant dans l’est du pays.

Pour obtenir la liberté provisoire de leur client, les avocats de la défense ont soulevé plusieurs irrégularités de procédure. Dans leur mémoire unique, ils ont notamment contesté la compétence de la Haute Cour militaire pour juger le général Yav et dénoncé des procès-verbaux qu’ils estiment avoir été établis en violation de la loi.

La défense a également fustigé le caractère arbitraire de l’arrestation de l’officier supérieur et évoqué une atteinte à sa dignité. Selon les avocats, les poursuites engagées contre le général Philémon Yav auraient été initiées sans l’autorisation préalable du Président de la République, condition requise pour la mise en cause judiciaire d’un officier général des Forces armées de la RDC.

« Le parquet général militaire a enfreint la loi en maintenant notre client en détention pendant plus de trois ans. C’est inacceptable, Monsieur le premier président », a déclaré Me Parfait Kanyanga, coordonnateur du collectif des avocats de la défense, exhortant la Haute Cour militaire à se déclarer incompétente.

Ces arguments n’ont cependant pas convaincu la juridiction militaire, qui a décidé de rejeter la demande de mise en liberté provisoire et de maintenir le général Philémon Yav en détention.

Réaffecté depuis 2020 dans l’est de la RDC comme commandant de la troisième zone de défense des FARDC, le général Yav est également poursuivi pour « incitation des militaires à commettre des actes contraires à leur devoir et à leur discipline » ainsi que pour « participation à un mouvement insurrectionnel ».

La procédure se poursuit devant la Haute Cour militaire, dans un climat marqué par les enjeux sécuritaires majeurs liés à la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.

Aimérance Chituka

Commentaires

Messages les plus consultés de ce blogue

RDC: Le député national Degal Tavulenga blessé par balle à Kinshasa

Pêche illégale : des poissons saisis et incinérés à Kasindi-Port

Afrique : le port du pagne est une espèce en voie de disparition