Le « Conseil de la paix » de Donald Trump : une nouvelle architecture mondiale aux risques majeurs pour l’Afrique ?
![]() |
| Lors de la cérémonie liée à la signature de la charte. |
Donald Trump a signé, ce jeudi 22 janvier à Davos, la charte fondatrice du Conseil de la paix, une nouvelle structure diplomatique présentée par la Maison-Blanche comme un instrument de résolution des conflits mondiaux. Le président américain affirme que cette instance travaillera « en coordination avec l’Organisation des Nations unies ». Une déclaration qui suscite de profondes interrogations, notamment sur le continent africain.
Devant un par terre de décideurs économiques et politiques, Donald Trump a officialisé la création de ce Conseil, que ses soutiens qualifient déjà d’« organisation internationale ». Toutefois, aucun cadre multilatéral reconnu ni mécanisme de représentation équitable des États du Sud n’ont, à ce stade, été clairement définis.
Une contestation de l’ONU qui divise
Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la critique virulente de Donald Trump à l’égard des Nations unies, accusées d’inefficacité et de compromissions morales. Pour Arid Coyote, enseignante en droit international à l’Université de Montréal. « L’ONU porte une lourde responsabilité historique. Même des auteurs de crimes de masse ont pu s’exprimer en son sein. »
Certains analystes africains partagent ce constat sans pour autant adhérer à la solution proposée. Jean-Pierre Magufuli, spécialiste des dynamiques diplomatiques dans la région des Grands Lacs, reconnaît. « L’ONU a failli à sa mission initiale. Mais la question centrale est de savoir qui la remplace et dans quel intérêt. »
![]() |
| Le Président américain et les adhérants à sa vision. |
Pour Sherif Kalala, diplomate congolais, le débat est tabou mais nécessaire. « Tout le monde admet l’échec partiel de l’ONU, mais personne n’ose envisager une alternative réellement équitable pour les pays du Sud. »
L’Afrique face au risque d’un multilatéralisme sélectif
Sur le continent africain, les réactions sont majoritairement marquées par la méfiance. Lass vindji, enseignante en politique internationale et panafricanisme, alerte ; « Donald Trump ne défend pas un monde multipolaire. Il promeut une reconfiguration du pouvoir mondial au profit des plus forts. »
Une inquiétude partagée par plusieurs analystes qui redoutent une instrumentalisation des conflits africains. King David, analyste panafricain des relations internationales, résume la situation par une métaphore.
« C’est comme organiser une fête mondiale où seuls les pays riches fixent les règles, choisissent la musique et dictent l’agenda, tandis que les autres financent et subissent. »
Une vigilance africaine indispensable
Pour de nombreux observateurs, la création du Conseil de la paix pourrait marquer une nouvelle phase d’ingérence diplomatique, sous couvert de stabilisation et de médiation. L’Afrique, souvent terrain d’expérimentation des architectures sécuritaires internationales, pourrait en être la première cible.
Face à cette initiative, plusieurs voix panafricaines appellent à renforcer les mécanismes africains de paix et de sécurité, notamment l’Union africaine et les organisations régionales, afin d’éviter que le continent ne soit une fois de plus relégué au rang d’objet et non d’acteur de la gouvernance mondiale.
La question centrale demeure : l’Afrique acceptera-t-elle une nouvelle architecture de paix conçue sans elle, ou saisira-t-elle cette séquence pour affirmer sa souveraineté diplomatique et politique sur la scène internationale ?
Paul Zaïdi



Commentaires
Publier un commentaire