Kasindi : les travaux du grand canal collecteur des eaux de ruissellement (Kifereji) se poursuivent vers la rivière Lubiriha
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| La visite du chantier de la construction du canal collecteur des eaux de ruissellement (Kifereji), par le chef du groupement Basongora. Ph. PZ. |
Les travaux de construction durable du grand canal collecteur des eaux de ruissellement, communément appelé « kifereji », se poursuivent activement à Kasindi, dans le secteur de Ruwenzori, territoire de Beni, au Nord-Kivu. Le chantier est exécuté sur l’axe rue Mambura–Kamirongo et vise à drainer les eaux pluviales vers la rivière Lubiriha, frontière naturelle entre la République démocratique du Congo et l’Ouganda.
Cette infrastructure d’envergure permettra de relier les quartiers Kamirongo et Vuthalevekwa au reste de la cité et de mettre fin aux inondations récurrentes qui affectent plusieurs quartiers de Kasindi, notamment Congo ya Sika, Muvingi, Mwangaza et Vuthalevekwa. Pour faciliter l’avancement rapide des travaux, une déviation provisoire a été mise en place du côté du quartier Mwangaza.
Le projet est mis en œuvre par l’entreprise Regroupement des Techniciens en Matière de Construction (RTMC SARL), avec pour objectif principal de renforcer l’assainissement urbain dans cette zone stratégique et économiquement sensible du Grand Nord-Kivu, régulièrement exposée aux dégâts causés par les eaux de ruissellement en saison des pluies.
Dans l’après-midi du mercredi 7 janvier 2026, le chef du groupement Basongora, Mwami Kasereka Wavene Clovis, a procédé à des rituels coutumiers afin d’accompagner, sur les plans spirituel et social, l’accélération et l’aboutissement de ces travaux longtemps attendus par la population. Depuis plusieurs années, de nombreux ménages subissent des pertes matérielles importantes en raison de l’absence d’un système adéquat de canalisation des eaux pluviales.
Ce geste de l’autorité coutumière a été largement salué par les notables locaux et les acteurs communautaires. Dans sa brève déclaration à la presse, le Mwami a appelé la population à soutenir ce projet d’intérêt général, soulignant son importance pour le respect des normes d’urbanisme, la protection de l’environnement et la réduction des maladies liées aux eaux stagnantes.
« Ces travaux ont été lancés pour le bien-être de toute la population. Il est important que chacun apporte son soutien afin qu’ils aboutissent dans de bonnes conditions », a-t-il déclaré.
De son côté, la société civile forces vives, sous noyau du groupement Basongora, s’est dite satisfaite de l’évolution du chantier. Elle a notamment salué l’utilisation de la main-d’œuvre locale par l’entreprise exécutante, une approche qui contribue à la réduction du chômage chez les jeunes et favorise l’adhésion communautaire au projet.
« C’était un besoin réel, maintes fois exprimé par les défenseurs des droits humains, surtout lorsque certaines familles étaient contraintes d’abandonner leurs maisons à la suite des inondations causées par les pluies diluviennes. Aujourd’hui, c’est un véritable ouf de soulagement de voir ces travaux avancer à pas de géant », a déclaré un cadre de la société civile forces vives, remerciant les autorités de l’état de siège et les acteurs ayant porté ce plaidoyer.
La poursuite de ces travaux suscite un espoir croissant parmi les habitants de Kasindi et de ses environs, qui y voient une solution durable aux problèmes d’érosion et de ruissellement des eaux de pluie.
Selon les autorités techniques, le coût global du projet est estimé à 2 millions 423 mille dollars américains pour une durée d’exécution de six mois. Les travaux ont été officiellement lancés le 13 septembre dernier par le gouverneur militaire du Nord-Kivu, qui avait également annoncé la réhabilitation de plusieurs rues et avenues de la cité frontalière, notamment Eva Somo, Kisokolo et Mambura. Il est par ailleurs prévu la construction d’une seconde route principale reliant Lubiriha à Kasindi, au-delà de la Route nationale numéro 4 (RN4), afin de réduire sensiblement les embouteillages sur l’artère principale, de plus en plus congestionnée ces derniers temps.
Paul Zaïdi

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