Journée internationale de l’éducation : l’exploitation des enfants à l’origine de la baisse du niveau scolaire en secteur de Rwenzori
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| Le Coordonnateur du CRDH dans le secteur Ruwenzori, Maître Merveil Sikwaya lors d'une activité de sensibilisation à la frontière de Kasindi. Ph.©LRAK. |
Le monde célèbre chaque 24 janvier, depuis 2019, la Journée internationale de l’éducation, afin de rappeler le rôle fondamental de l’éducation dans la paix et le développement.
Le droit à l’éducation est un droit humain fondamental, garanti par la Convention relative aux droits de l’enfant (articles 28 et 29), qui impose aux États d’assurer un enseignement primaire gratuit et obligatoire, ainsi qu’un accès équitable à l’éducation secondaire et supérieure.
Cependant, en secteur de Rwenzori, dans le territoire de Beni, la réalité reste préoccupante. Malgré la gratuité de l’enseignement primaire instaurée par le gouvernement congolais, de nombreux enfants sont visibles dans les rues pendant les heures scolaires, une situation qui inquiète la société civile.
À l’occasion de cette journée, la Convention pour le respect des droits humains (CRDH) en secteur de Rwenzori dénonce une augmentation des violations du droit à l’éducation. Son coordonnateur, Maître Merveil Sikwaya, évoque notamment les violences sexuelles sur mineures, l’exploitation des enfants en âge scolaire et leur utilisation dans des activités commerciales.
« À Bulongo, certains enfants ne vont pas à l’école parce qu’ils se retrouvent dans des maisons de tolérance. À Kasindi, ils sont pousse-pousseurs d’infirmes ou trafiquants transfrontaliers. D’autres abandonnent l’école à cause des grossesses précoces ou de la honte après des violences sexuelles », déplore-t-il.
Maître Sikwaya signale également l’exploitation des enfants dans l’agriculture et le commerce du cacao, notamment à Manzalao, Bulongo, Halungupa et Mutwanga, où des enfants vendent le cacao cerise appelé “sam sam”.
« Certains enseignants ont abandonné la craie à cause de la culture café-cacao, et des parents, non conscients de leurs responsabilités, préfèrent utiliser les enfants dans le commerce au lieu de les envoyer à l’école », ajoute-t-il.
Pour la CRDH, la Journée internationale de l’éducation en Rwenzori est davantage une journée de réflexion face à un avenir éducatif menacé. Maître Merveil Sikwaya appelle les autorités à rendre effective la gratuité de l’enseignement primaire, à assurer la prise en charge du personnel éducatif et à améliorer les infrastructures scolaires, surtout dans les zones affectées par l’insécurité.
« Tous, filles et garçons, doivent aller à l’école », conclut-il.
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