ITURI : menacé de mort après ses alertes sur la présence des ADF, l’activiste Christophe Munyanderu appelle à une protection internationale urgente

L’activiste des droits humains et acteur socio-politique congolais Christophe Munyanderu

La situation sécuritaire en province de l’Ituri atteint un niveau d’alerte critique. L’activiste des droits humains et acteur socio-politique congolais Christophe Munyanderu est aujourd’hui menacé de mort et contraint de vivre en clandestinité, après avoir alerté publiquement sur le cantonnement présumé des rebelles terroristes ADF/MTM-ISCAP dans plusieurs localités du groupement Bandavilemba, en chefferie de Walese-Vonkutu, territoire d’Irumu.

Le samedi 24 janvier 2026, l’activiste avait signalé la présence de ces groupes armés à Kisalaba, Ahomba, ainsi qu’entre Apakolu et Barça. Moins de vingt-quatre heures plus tard, ses craintes se sont tragiquement confirmées. Le dimanche 25 janvier 2026, à l’aube, au moins vingt civils ont été exécutés à Apakolu, tandis que plusieurs autres ont été enlevés lors d’une attaque attribuée aux ADF, groupe affilié à l’État islamique (ISCAP).

Depuis cette alerte, Christophe Munyanderu affirme faire face à des menaces graves, répétées et ciblées, mettant directement sa vie en danger. Des sources concordantes indiquent qu’il serait désormais poursuivi pour avoir exercé son devoir d’alerte citoyenne, dans un contexte où les défenseurs des droits humains sont de plus en plus exposés à des représailles.

Une entité du territoire d'Irumu dans la province de l'Ituri abandonnée suite à la persistance de l'insécurité alimentée par le réseau des terroristes de l'ADF/MTM - ISCAP. 

L’activiste insiste sur le caractère strictement patriotique et humanitaire de son engagement, rappelant que « la protection des civils dépasse toute appartenance tribale, politique ou idéologique ».

La région concernée est saturée de groupes armés : milices se réclamant de l’autodéfense, groupes armés collaborant avec l’ennemi et, surtout, la présence avérée du groupe terroriste ADF/MTM-ISCAP, régulièrement cité par les Nations unies pour ses crimes contre les civils, incluant massacres, enlèvements et déplacements forcés.

Dans ce contexte, les alertes précoces lancées par les acteurs de terrain constituent souvent le dernier rempart avant les tragédies humaines. Face au danger imminent qui pèse sur Christophe Munyanderu, un appel urgent est lancé :

1. Aux autorités congolaises, afin d’assurer sans délai sa protection physique et de garantir la liberté d’action des défenseurs des droits humains

2. À la MONUSCO, aux agences des Nations unies et aux missions diplomatiques accréditées en RDC, pour un suivi immédiat de cette situation

3. Aux organisations internationales de défense des droits humains (ONU, FIDH, Amnesty International, Human Rights Watch), afin d’activer les mécanismes de protection d’urgence.

Les observateurs rappellent que la RDC est signataire de plusieurs conventions internationales protégeant les défenseurs des droits humains, notamment la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme. Toute atteinte à leur sécurité constitue une violation grave des engagements internationaux du pays.

La protection de Christophe Munyanderu est aujourd’hui perçue comme un test de crédibilité pour les autorités congolaises et la communauté internationale, dans une région déjà classée parmi les épicentres des crises humanitaires les plus graves au monde.

Par La Reine Aminata Kitambala

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