Haut-Lomami : bras de fer au sommet de la province, le ministre intérimaire refuse de céder la gestion au vice-gouverneur

Photo d'illustration des leaders politiques en conflit dans la province de Haut-Lomami. Ph.©.

La province du Haut-Lomami est plongée depuis plusieurs semaines dans une crise institutionnelle, marquée par une confusion au sommet de l’exécutif provincial. Gouverneur rappelé à Kinshasa, vice-gouverneur présent à Kamina et ministre provincial des Infrastructures assurant l’intérim : la question de savoir qui dirige réellement la province demeure sans réponse claire.

Cette situation trouve son origine dans la déclaration de démission du gouvernement provincial par l’Assemblée provinciale, après le rejet du projet d’édit budgétaire pour l’exercice 2026, lors de la plénière du 11 décembre dernier. Cette décision a ouvert une période de tensions entre l’exécutif provincial et l’organe délibérant, plongeant la province dans une impasse institutionnelle.

Rappelé à Kinshasa pour consultations par le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, le gouverneur Marmont Banza Mulume a confié son intérim au ministre provincial des Infrastructures, Mutombo Ngoy wa Nshimba Venance, alors même que le vice-gouverneur se trouvait déjà dans la province. Une décision jugée controversée par plusieurs observateurs, qui y voient une entorse aux principes constitutionnels relatifs à la libre administration des provinces.

Depuis le retour récent du vice-gouverneur à Kamina, le ministre intérimaire refuse de lui remettre la gestion des affaires provinciales. Selon plusieurs sources concordantes, ce dernier continuerait de recevoir des instructions du gouverneur en consultations à Kinshasa, tout en conservant les principaux attributs du pouvoir, notamment le sceau officiel du gouvernorat.

Parallèlement, la crise institutionnelle est accentuée par des tensions politiques internes. Au sein de l’Union sacrée de la nation (USN), plateforme politique du Président Félix-Antoine Tshisekedi, le secrétariat exécutif provincial est divisé entre deux responsables rivaux, nourrissant davantage le climat de méfiance et de rivalité au sommet de la province.

Dans l’opinion publique, plusieurs acteurs politiques sont cités comme influents dans cette crise, tandis que la division de certaines formations politiques, notamment au sein de l’UDPS à Kamina, contribue à entretenir la confusion.

Face à cette situation préoccupante, le caucus des députés nationaux élus du Haut-Lomami a saisi le président de l’Assemblée nationale, sollicitant son implication afin de favoriser un retour au calme et un fonctionnement normal des institutions provinciales.

Pour de nombreux analystes, la persistance de cette crise porte atteinte à l’État de droit, fragilise la gouvernance provinciale et menace la stabilité administrative du Haut-Lomami. Plusieurs voix appellent désormais le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur à intervenir pour mettre fin à cette cacophonie institutionnelle.

La rédaction

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