Enquête à Kasindi-Lubiriha : le préservatif féminin reste inconnu et invendu en 2025

Photo du préservatif féminin ©Picha-afia

Une enquête menée par TAARIFA RDC révèle que le préservatif féminin est encore méconnu et quasiment inexploité à la frontière de Kasindi-Lubiriha. À l’inverse, le préservatif masculin est couramment utilisé par la population locale

Des chiffres qui interpellent

Dans une enquête réalisée avec l'échantillonnage d'une pharmacie couramment fréquentée dans les 12 quartiers de Kasindi à savoir ; Majengo, Centre, Congo ya sika, Vuthalevekwa, Kikemba, Kamirongo, Mwangaza, Muvingi, Lumumba, Latin, Mapathi et Ruwenzori dans les airs de santé Kasindi, Lubiriha, La frontière et Kangahuka en zone de santé de Mutwanga.

Aucun préservatif féminin n’a été vendu en 2025. Aucun bon de commande ou demande au comptoir n’a été enregistré. Par contre, les préservatifs masculins se vendent entre 10 et 25 unités par jour, principalement à des clients âgés de 15 à 45 ans, souvent dans la gêne lorsqu’ils croisent d’autres clients. Cette situation démontre que l’achat de moyens de protection contre les grossesses non désirées et les infections sexuellement transmissibles (IST) reste un tabou dans le secteur Ruwenzori, en territoire de Beni. Les parents, souvent débordés, hésitent à parler de sexualité et de prévention avec leurs enfants.

Des obstacles liés aux partenaires et aux habitudes

Selon Dr Jean-Luc Kamaliro, gynécologue-obstétricien : « Certaines personnes sont allergiques au latex, mais il existe des préservatifs sans latex. Beaucoup de femmes que j’ai consultées pour des cas de blennorragie, gonococcie ou syphilis ont indiqué que leurs partenaires n’apprécient pas le préservatif féminin, le trouvant gênant et diminuant le plaisir. »

Il ajoute : « Je recommande son utilisation, surtout pour les couples occasionnels où le statut sérologique de l’un des partenaires est inconnu. » 

Témoignages d’utilisatrices

Mademoiselle Agnès Kavugho, professionnelle du sexe, raconte : « J’avais essayé le préservatif féminin, mais je me sentais très gênée et mon partenaire avait du mal à ressentir ma chaleur corporelle. Depuis, nous utilisons le préservatif masculin le week-end. Je recommande néanmoins aux femmes de se protéger lorsqu’elles ont des partenaires à risque. »

Mode d'utilisation du préservatif féminin. © Picha-afia 

Pour Marie-Jeanne Vilenga, dans une relation stable et régulière, il est possible d’arrêter le préservatif après tests VIH et IST négatifs pour les deux partenaires. 

Le préservatif féminin efficace mais méconnu

Le préservatif féminin, ou capote interne, se place à l’intérieur du vagin et peut être inséré plusieurs heures avant le rapport sexuel. Fabriqué en polyuréthane ou en nitrile, il est lubrifié, réduit le risque de rupture et d’irritation, et augmente le confort pendant les rapports sexuels. 

Une pharmacienne locale témoigne

« Cela fait trois ans que je ne vends plus de préservatif féminin. Personne n’en demande. Les relais communautaires doivent sensibiliser les femmes sur son utilisation. »

Malgré une efficacité comparable aux préservatifs masculins, le préservatif féminin reste peu connu et rarement utilisé, privant la population d’une protection efficace contre les IST et les grossesses non désirées.

Rappelons-le, les préservatifs féminins sont disponibles dans les structures médicales de la place et parfois les partenaires du gouvernement congolais livrent d'importants lots gratuitement.

Paul Zaïdi Journaliste d’investigationTAARIFA RDC

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