Chanson de Tiken Jah Fakoly sur Constant Mutamba : la jeunesse africaine au cœur d’un débat politique et culturel

Capture d'écran sur la page Facebook de l'artiste musicien Tiken Jah Fakoly.

L’artiste ivoirien Tiken Jah Fakoly a annoncé la sortie prochaine d’une chanson dédiée à Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice sous le gouvernement de Judith Suminwa, durant le mandat du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. L’annonce, relayée par un extrait diffusé sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, suscite de nombreuses réactions, en particulier au sein de la jeunesse africaine.

Condamné en 2025 par la justice congolaise pour détournement de fonds publics, Constant Mutamba reste une figure controversée. Dans l’extrait partagé, Tiken Jah Fakoly évoque les difficultés sociales persistantes en République démocratique du Congo et établit un parallèle symbolique avec Patrice Lumumba ; « Mutamba, tu nous rappelles Lumumba. Le Congo est un pays riche, mais la pauvreté est visible presque partout, et le vécu quotidien de la population est marqué par une vulnérabilité permanente ».

Réactions contrastées chez les jeunes Africains

Cette prise de position artistique a rapidement enflammé les débats en ligne. Pour une partie de la jeunesse congolaise et africaine, la chanson s’inscrit dans une tradition de musique engagée, destinée à dénoncer les injustices et à réveiller les consciences. Certains jeunes perçoivent Constant Mutamba comme un symbole politique, indépendamment de sa condamnation judiciaire.

D’autres, en revanche, expriment leur incompréhension et leur critique. Ils reprochent à Tiken Jah Fakoly de s’engager en faveur d’un ancien ministre condamné, alors que de nombreux jeunes militants, activistes et prisonniers politiques africains ne bénéficient pas de la même visibilité. Certains internautes vont jusqu’à évoquer une récupération politique de l’œuvre ou une instrumentalisation du panafricanisme.

Justice, engagement artistique et conscience politique

Le débat met en lumière une jeunesse africaine de plus en plus politique, connectée et critique, qui interroge à la fois le rôle des artistes engagés et le fonctionnement des institutions judiciaires. Tandis qu’une partie des jeunes continue d’exprimer son soutien à Constant Mutamba, d’autres appellent au respect du processus judiciaire et estiment que la lutte contre la corruption doit rester une priorité.

Au-delà de la polémique, cette séquence révèle les tensions qui traversent aujourd’hui le panafricanisme contemporain, entre solidarité africaine, exigence d’éthique politique et responsabilité citoyenne.

La sortie officielle de la chanson pourrait ainsi prolonger le débat et confirmer la place centrale de la jeunesse africaine dans les discussions sur l’art, la justice et l’avenir politique du continent.

Paul Zaïdi

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