Dialogue entre pecheurs congolais et ougandais : « comment faire des ressources du lac Edouard une opportunité de cohésion sociale et non de division ? »
Tenant compte des violences qui s'enregistrent depuis plusieurs années, sur les eaux disputées du lac Edouard, à la frontière entre la République démocratique du Congo (RDC) et l'Ouganda, l'idée de mettre un terme aux altercations qui s'illustrent par les arrestations des pêcheurs de part et d'autre s'impose. C'est dans cette perspective que la salle polyvalente de l'hôtel Movic de la ville de Mpondwe-Lubiriha a abrité ce mercredi 24 septembre 2025, une réunion bipartite des pêcheurs congolais et ougandais organisée par Ruwenzori Peace Bridge Of Réconciliation (RPBR) du district de Kasese, avec l'appui financier et technique de l'organisation non gouvernementale (ONG) Radio Bénévolencija.
En effet, pendant cinq (5) heures suffisantes, les vingt-cinq (25) participants se sont largement entretenus autours des meilleures pratiques de pêche sur le lac Édouard, tout en procédant à un diagnostic des maux qui rongent leurs activités au vécu quotidien. Lors de cette activité, les parties prenantes se sont regroupées en focus groupes en vue d'identifier les priorités environnementales tout en examinant comment le lac Édouard pourrait bénéficier aux communautés de ces deux pays africains, loin de tensions qui brisent les relations de bon voisinage.
"J'estime que cette activité revêt un caractère nécessaire puisque ça était une véritable opportunité qui a permis aux pêcheurs congolais et ougandais de se regarder tout droit dans les yeux et de se dire certaines vérités pour améliorer le climat de travail. Je propose à ce que les leaders congolais et ougandais qui interviennent dans le secteur de la pêche, puissent mieux faire les choses sur le plan légal pour pérenniser ce genre de rencontre dans l'objectif de maintenir un climat favorable des pêcheurs dans notre région", a fait savoir à la presse au sortir de la salle, Madame Tsibuhirwa Juliette chef du bureau de la pêche en ville de Mpondwe-Lubiriha dans le district de Kasese.
Toutefois, une priorité absolue a été identifiée dont il s'agit notamment, d'une meilleure gestion rationnelle des ressources naturelles pour les générations futures. En observant les règles de l'utilisation de filets recommandés pour obtenir un changement en ce qui concerne, la qualité et la quantité des pêches lacustres de tel sorte que les pêcheurs puissent parvenir à atteindre la capacité de gérer mieux leurs activités en respectant les pratiques durables, surveiller les maternités des poisons et discuter de façon permanente un plan de gestion des pêches en collaboration avec les institutions gouvernementales et divers partenaires.
"Certe il y a de temps où la marine ougandaise procède à l'arrestation des pêcheurs congolais de manière abusive puisque les frontières maritimes sont jusqu'à présent imaginaires. De l'autre côté, nous les pêcheurs nous nous plongeons dans les tractations et l'ignorance jusqu'à briser la cohésion dans notre secteur. Je pense que le moment est venu de regarder tous dans la même direction et aussi s'accorder sur la règle de ne plus utiliser les filets monofilament illégaux, et encourager les efforts de nous réunir pour parler de nos problèmes professionnels. C'est vraiment une initiative qui va finalement bouger les lignes", a indiqué pour sa part M. Baliyo Thahakava, Responsable de la structure qui encadre les pêcheurs de Kayanza en Ouganda.
Pendant les opérations des patrouilles des forces navales de deux pays, plusieurs intrants de pêche et des pirogues hors bord sont saisis perturbant ainsi le développement des pêcheurs. Il s'observe une certaine forme de léthargie de la part des décideurs politiques dans le processus de balisage du lac Édouard.
Les pêcheurs sont arrivés a adopté des actions prioritaires dont notamment ;
• Créer un cadre d'échange permanent qui leur permettra de se parler comme des frères.
• Renforcer leurs comités respectifs par des organes de plaidoyer qui proposent aux gouvernements congolais et ougandais de créer et adopter un texte commun sur la gestion des ressources du lac Édouard.
PAUL ZAÏDI


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