Beni : Kavugho Léa, le courage d’une vendeuse de maïs grillé face aux défis du quotidien

La jeune femme Léa en plein travail dans son coin du vécu quotidien. Photo PZ 

Au quartier Matonge, près du rond-point Stella dans la ville de Beni, Kavugho Léa s’est imposée comme une figure connue grâce à son activité de vente de maïs grillé. Mère d’un garçon de 7 ans, cette jeune femme déplacée de guerre se bat chaque jour pour subvenir aux besoins de son foyer. Dès 5h30 minutes du matin, elle commence les travaux ménagers avant de se rendre dans les zones agricoles périphériques de Beni, notamment à Mayangose, afin de s’approvisionner en maïs qu’elle revend chaque soir près de l’église CECA-20 Mabakanga.

Dans une ville marquée par les difficultés économiques, Léa refuse de céder à la dépendance ou à la mendicité. Chaque maïs vendu lui rapporte entre 500 et 1 000 francs congolais, avec des recettes pouvant atteindre 25 000 FC par soirée, soit environ 6 dollars américains. « Je n’ai que ce travail pour nourrir mon enfant et faire avancer mon foyer. Même si la vie est difficile, je préfère me battre honnêtement plutôt que de tendre la main », témoigne-t-elle avec émotion au reporter de TAARIFA RDC.

À travers son activité, cette jeune femme symbolise la résilience féminine dans une région longtemps éprouvée par l’insécurité et les conflits armés. Les revenus générés par son commerce lui permettent de répondre à plusieurs besoins essentiels de son ménage et de gagner progressivement en autonomie financière, loin des stéréotypes qui poussent certaines femmes à dépendre entièrement des autres pour survivre.

Cependant, son activité reste confrontée à plusieurs obstacles. Les intempéries perturbent fréquemment son commerce, tandis que l’insécurité grandissante dans la ville de Beni réduit la circulation des habitants en soirée, limitant ainsi le nombre de ses clients. Malgré ces difficultés, Kavugho Léa continue de travailler avec détermination depuis près de trois ans sur ce même coin de vente.

Parmi ses clients fidèles figure un conducteur de taxi-moto qui apprécie particulièrement son courage. « Ma femme est enceinte et elle me demande souvent de lui ramener un maïs grillé chaque soir. Je viens presque toujours chez Léa parce qu’elle travaille avec beaucoup de courage malgré les difficultés », confie ce taximan. Pour Léa, ce métier représente aujourd’hui bien plus qu’une simple activité génératrice de revenus. C’est aussi une manière de reconstruire sa vie après les épreuves de la guerre.

PAUL ZAÏDI

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