Que devient la province du Nord-Kivu après trois jours consacrés à un dialogue social sur l’activisme des ADF/MTM ISCAP ?
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| Le Président de l'Assemblée nationale de la RDC Aimé Boji lors de l'ouverture du forum de paix à Beni . Ph Radiookapi |
Tribune de Paul Zaïdi
Un dialogue social face à une insécurité persistante
Après trois jours d’échanges consacrés à l’activisme des rebelles ADF/MTM ISCAP dans la province du Nord-Kivu dont l'activité a eu lieu en ville cosmopolite de Beni du lundi 23 au mercredi 25 Février 2026, une question essentielle se pose désormais. Quelles perspectives concrètes pour la sécurité et la stabilité de la province ?
Ce dialogue social, organisé dans un contexte de violences persistantes dans plusieurs territoires, notamment celui de Beni, avait pour ambition de réunir autorités, leaders communautaires, acteurs de la société civile et experts sécuritaires afin d’évaluer l’ampleur de la menace et d’explorer des pistes de solutions durables.
L’activisme des Allied Democratic Forces ; Une menace durable pour le Nord-Kivu
Depuis plusieurs années, les attaques attribuées aux Allied Democratic Forces, affiliées à la branche dite Islamic State Central Africa Province, continuent d’endeuiller les populations civiles. Massacres, enlèvements, déplacements forcés et destruction des moyens de subsistance restent une réalité tragique pour des milliers de familles du Nord-Kivu.
Face à cette situation, les communautés locales vivent dans une insécurité quasi permanente, malgré les opérations militaires menées pour tenter de neutraliser ces groupes armés.
Trois jours de réflexions, mais quelles solutions concrètes ?
Le dialogue social se voulait un espace de réflexion collective pour mieux comprendre les dynamiques locales de l’insécurité et renforcer la collaboration entre les communautés et les autorités.
Cependant, au-delà des discussions et des recommandations, la population attend désormais des résultats concrets. Les habitants des zones affectées espèrent que ces échanges déboucheront sur des mesures pratiques capables d’améliorer leur sécurité au quotidien.
Entre réponses militaires et attentes des populations
Dans ce contexte, le rôle des Forces Armées de la République Démocratique du Congo demeure déterminant. Les opérations militaires engagées contre les groupes armés sont essentielles, mais elles doivent s’inscrire dans une stratégie globale.
Pour les populations locales, la sécurité ne se limite pas à la présence militaire : elle implique aussi la restauration de l’autorité de l’État, l’accès à la justice et l’amélioration des conditions de vie.
Le rôle clé des communautés dans la lutte contre l’insécurité
La lutte contre l’activisme des groupes armés ne peut reposer uniquement sur les forces de défense. Les communautés locales jouent également un rôle crucial dans les mécanismes de prévention, d’alerte et de résilience face à la violence.
Les leaders communautaires, les organisations de la société civile et les acteurs locaux constituent des relais importants pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les risques de radicalisation.
Transformer les recommandations en actions
Au terme de ces trois jours de dialogue, l’enjeu principal reste la mise en œuvre effective des recommandations formulées. Trop souvent, les conclusions de ce type d’assises peinent à se traduire par des actions concrètes sur le terrain.
Pour la population du Nord-Kivu, l’urgence est désormais d’agir, en renforçant la coordination entre les autorités, améliorer la protection des civils et soutenir les initiatives locales de paix.
L’espoir d’un véritable tournant pour la paix
Malgré les défis, ce dialogue social représente aussi une opportunité de repenser les stratégies de lutte contre l’insécurité et de renforcer la coopération entre les différents acteurs impliqués.
L’espoir demeure que ces échanges puissent contribuer à poser les bases d’une approche plus inclusive et plus efficace pour la consolidation de la paix dans la province.
Entre dialogue et urgence d’agir
Au finish, la question fondamentale reste posée. Ce dialogue marquera-t-il un véritable tournant dans la lutte contre l’activisme des ADF/MTM ISCAP, ou s’ajoutera-t-il à la longue liste des rencontres dont les conclusions restent sans effet pour les populations ?
L’avenir du Nord-Kivu dépendra de la capacité des décideurs et des acteurs locaux à transformer les paroles en actions concrètes, afin de répondre aux aspirations profondes d’une population qui aspire avant tout à la paix et à la sécurité.
Paul Zaïdi
Chercheur en Journalisme et Communication sociale et Analyste des questions de gouvernance locale et de sécurité communautaire.


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