Nord-Kivu : inquiétudes croissantes autour de la qualité de l’essence importée à Kasindi
Article de Fabien Robert Soko Tunave
Depuis plusieurs semaines, de nombreux automobilistes et motocyclistes de la région de Beni et Butembo signalent des dysfonctionnements inhabituels de leurs véhicules après ravitaillement en carburant. Au cœur des inquiétudes. La qualité présumée douteuse de l’essence importée via le poste frontalier de Kasindi.
Selon plusieurs témoignages recueillis auprès des conducteurs, des mécaniciens et des transporteurs, les pannes se multiplient peu de temps après l’utilisation de ce carburant. Parmi les problèmes les plus fréquemment évoqués figurent les ratés du moteur, les difficultés de démarrage et une baisse sensible de la performance des engins.
Des dégâts mécaniques coûteux pour les usagers
Les professionnels de la mécanique automobile expliquent que l’utilisation d’un carburant de mauvaise qualité peut entraîner des dégâts importants sur plusieurs pièces essentielles du véhicule.
« Nous recevons de plus en plus de motos et de voitures qui présentent des bougies complètement endommagées quelques jours seulement après avoir fait le plein », témoigne un mécanicien rencontré dans un garage de Butembo.
Outre les bougies, d’autres pièces sont également touchées. L’essence suspecte provoquerait l’usure prématurée de la pompe à essence, un élément essentiel du système d’alimentation du moteur. Dans certains cas, les conducteurs sont contraints de remplacer cette pièce, dont le coût reste élevé pour la majorité des usagers.
Les mécaniciens évoquent également un retard anormal dans le système de démarrage des engins, obligeant parfois les conducteurs à insister plusieurs fois avant que le moteur ne se mette en marche. À long terme, ces dysfonctionnements peuvent même endommager le moteur lui-même, entraînant des réparations lourdes et coûteuses.
Des soupçons sur le carburant importé
Pour plusieurs observateurs, ces anomalies pourraient être liées à la qualité du carburant importé et mis en circulation sur le marché local. Dans un contexte où le carburant constitue un élément vital pour les activités économiques et le transport dans la région, toute défaillance dans la chaîne de contrôle peut avoir des conséquences importantes.
Les usagers rappellent que les produits pétroliers destinés à la consommation doivent normalement être soumis à un contrôle de qualité avant leur mise sur le marché. Cette mission relève notamment de l'Office Congolais de Contrôle (OCC) et des services provinciaux chargés des hydrocarbures.
Appel au renforcement des contrôles
Face à la multiplication des plaintes, plusieurs acteurs du transport et de la société civile appellent les autorités compétentes à mener des vérifications approfondies sur l’essence importée à Kasindi. Ils demandent notamment la réalisation d’analyses techniques sur des échantillons de carburant, afin de déterminer si celui-ci respecte réellement les normes requises.
Pour les transporteurs, il s’agit d’une question de protection des consommateurs mais aussi de préservation du parc automobile local, déjà fragilisé par l’état des routes et les conditions d’exploitation difficiles.
Une question qui concerne toute l’économie locale
Dans les villes de Butembo et de Beni, où les motos et les véhicules assurent l’essentiel du transport des personnes et des marchandises, la qualité du carburant est un enjeu majeur. Un carburant non conforme peut non seulement augmenter les coûts d’entretien des engins, mais aussi perturber la mobilité et l’activité économique.
Dans l’attente d’éventuelles investigations des autorités, de nombreux usagers espèrent que la lumière sera faite rapidement sur cette situation, afin de garantir aux consommateurs un carburant conforme aux normes et préserver la fiabilité des moteurs qui font tourner l’économie locale.

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